The Divine Comedy – ‘A Short Album About Love’

51nbpjeq1ulDeux chansons entoureraient l’album : La La Love You des Pixies et Je déconne de Jad Wio. Au milieu, l’amour de l’amour, avec cet humour anglais, peut-être le seul à même de parler le plus efficacement de ce que la vie fait semblant de nous offrir. Bien sûr, la vérité vient de la bouche de Lou Reed le Berlinois, mais même au plus profond désespoir amoureux, lorsque l’on découvre qui est vraiment l’autre, cette sucrerie impromptue et totalement dénuée de citron a cette faculté propre à l’Art de nous revigorer ; soit pour recommencer parce que nous n’y avons pas pris garde, soit pour redéfinir des priorités rattrapant l’altruisme passé. Bien sûr, il est également possible d’écouter en boucle Plenty More des Squirrel Nut Zippers, mais le reste de l’album — en somme : tout ce qui précède cet excellent titre — est languissant de faiblesse et, de toute façon, il serait absurde de remplacer une relation monogame par une dépression du même acabit. Et puis, tout cet optimisme démagogique manque cruellement de finesse face à ce monument indépassable, y compris par l’intéressé, qu’est A Short Album About Love. En un sens, il est d’ailleurs difficile de ne pas le rapprocher du This Is Hardcore de Pulp, au sens où ce sont deux disques indispensables qui sonnent en cœur, tout en étant chacun l’antinomie de l’autre, le glas de l’insouciance, à défaut de la jeunesse ; car si le passage à l’âge adulte est celui où les illusions s’envolent, alors ce sont deux véritables albums de l’adolescence, ce moment où l’on renverse la table de l’enfance en se disant que cette fois-ci est la bonne. Deux chansons, donc, pour entourer le sommet de The Divine Comedy, dont la fulgurance n’est justement pas sans rappeler celle d’une histoire d’amour, avec cette acmé précédant la fameuse dépression postcoïtale, ce goût amer de la descente parce que trop ne peut jamais être assez pour la petite mort. En cela, c’est un excellent album pour se suicider.