Hooverphonic – ‘In Wonderland’

Hooverphonic - In WonderlandPatatras.

La tentation est grande d’être exceptionnellement de mauvaise foi et d’écrire que la raison pour laquelle les Belges produisent surtout de la musique électronique est que cela les dispense d’apprendre à jouer d’un instrument, correctement qui plus est. En cela, le nouvel album d’Hooverphonic, qui ne m’a jamais agacé, mais ne m’a jamais non plus fait lever plus d’un sourcil à la fois, est une occasion en or pour se lâcher un bon coup sur des gens qui ne m’ont jamais calculé et dont même — renseignement pris auprès du désintéressé — Jérôme Delvaux n’a pas vraiment dit de mal. À ce niveau-là, ce serait même du Phil Spector que de taper sur la chanteuse qui sonne comme Duffy sur la première piste, ce qui est bien engageant, mais reprend un timbre plus commun par la suite ; ce n’est pas un bâton qui m’est tendu, mais littéralement un poteau télégraphique, pour les régions flamandes où cela existe encore.

Sauf que je ne suis pas né de la dernière pluie et j’ai bien compris que tout cela est un nid de chausse-trappes façon Spy vs Spy.

Ce qui fait que je préfère les dénoncer au Mossad comme étant des fans du Pizzicato Five qui ont mal tourné (comme le P5, d’ailleurs), même si la troisième piste est pas mal du tout. D’ailleurs, je l’aime bien, c’est le genre de simple qui vous propose nonchalamment d’acheter l’album (si vous êtes un vieux con comme moi) ou d’aller les voir en concert pour autre chose que baiser dans les chiottes (si vous êtes un jeune pas encore trop vieux). Nous ne sommes pas au niveau d’un Unbelievable d’E.M.F. ou encore d’un Je fume pu d’shit des Stupeflip et je n’ose même pas parler d’un Massive Luxury Overdose des Army of Lovers, c’est-à-dire d’un album que l’on achète pour une chanson et qui se révèle être le contraire d’une escroquerie avec le temps.

Car si E.M.F. et Stupeflip ont au moins produit un tube chacun, puis une tripotée de merdes affligeantes tout autour, il serait malhonnête de dire qu’il en va de même pour Hooverphonic ; d’abord parce que l’album n’est pas si mauvais et ensuite parce que Badaboum ne sera jamais un succès intemporel. C’est en fait un genre de disque bien particulier, que j’appelle le disque « Oüi FM » : une chanson pas mal que l’on passe agréablement en boucle sans que personne ne se rappelle jamais de quoi il s’agissait et un album qui n’appelle pas à rester debout la nuit place de la République, mais plutôt assis le cul dans sa bagnole pendant un embouteillage diurne du périphérique en rêvant d’Aurélie « Oui je suis une nana et oui je passe du Muse dans Bring The Noise » Communier avec qui l’on aimerait bien mouiller ses draps.

Or c’est dans ces moments-là que je savoure d’être motard, parce que je choisis mes tubes plutôt que l’entube et que j’ai bien mieux dans mon lit qu’une planche qui passe de l’alternatif en kit à la radio en posant à côté d’une canette de 8.6.